25.09.2009

Entretien n° 14 : Bernard Van Craeynest (CFE-CGC)

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Cet entretien avec Bernard Van Craeynest a été réalisé le 20 novembre 2008. Bernard Van Craeynest est président de la CFE-CGC.

— Qu’est-ce qui vous frappe dans l’évolution des entreprises à l’heure actuelle ?

Bernard Van Craeynest — On observe d’emblée une segmentation plus grande que celle que l’on a connue jusqu’à présent entre les grandes entreprises ouvertes à l’international et toute la frange des TPE et PME. Les grands groupes qui réalisent de plus en plus la majeure partie de leurs chiffres d’affaires et de leurs résultats à l’étranger fonctionnent véritablement, dans leur organisation, leur stratégie, leur façon d’être et de faire, selon une logique globale. Ils bénéficient évidemment en France de l’apport de services et de travaux de ces TPE-PME. Mais ils se comportent à leur égard de plus en plus comme des décideurs sans pitié.

On est loin de l’expérience des années 1990 où dans certains secteurs stratégiques il était question de partenariat pour maintenir la pérennité de ces petites et moyennes entreprises. Aujourd’hui, on voit que la mise en concurrence est permanente, que la renégociation des contrats est rituelle, que l’orientation des négociations est systématiquement à la baisse puisqu’il s’agit de faire plus avec moins de moyens.

On retrouve cette segmentation à l’intérieur même du salariat. En fait, les salariés des grands groupes, pour lesquels, certes, tout n’est pas idéal, bénéficient des politiques sociales et salariales « convenables » alors que pour ceux qui travaillent dans les PME, c’est la disette.

J’étais frappé par ce décalage il y a déjà longtemps. J’ai un exemple précis en tête qui remonte au début des années 2000. J’étais à Annecy dans une réunion de délégués syndicaux parmi lesquels se trouvait notre représentant SNR, à l’époque filiale à 100 % de Renault. Les résultats de Renault s’affichaient déjà florissants et la masse salariale de l’année en question était en progression de plus de 4 %. Le délégué syndical de SNR a remarqué au passage : « On est bien content d’avoir contribué aux bons résultats de Renault, mais on en mesure les retombées chez nous parce que l’augmentation de la masse salariale est à peine 1,5 % ». Je parle de SNR qui est quand même une entreprise d’une taille conséquente. On imagine la situation chez les fournisseurs et les sous-traitants de troisième ou quatrième rang.

En somme, ce qui est frappant dans l’évolution des entreprises et de leurs comportements, y compris sur le plan social, c’est l’utilisation de la masse salariale comme seule variable d’ajustement. Laurence Parisot ne cesse de demander moins de contraintes et pas de charges supplémentaires pour les entreprises. Mais il est clair que lorsqu’on n’arrive pas à baisser les charges fiscales, la seule variable d’ajustement sont les charges sociales. Cela se retrouve en matière de quantité d’emploi comme de qualité d’emploi, de rémunération, de protection sociale.

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13:36 Ecrit par Michel dans Entretiens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

23.09.2009

Entretien n° 13 : Jacky Chatelain (APEC)

 

Jacky Chatelain - APEC.JPGCet entretien avec Jacky Chatelain a été réalisé le 19 décembre 2008. Jacky Chatelain est directeur général de l’Association pour l'Emploi des Cadres (APEC).

— Qu’est-ce qui vous frappe dans le positionnement de l’encadrement dans la période actuelle marquée par la crise financière et économique ?

Jacky Chatelain — Je suis convaincu que cette crise va changer beaucoup de choses. Je ferai un détour par une étude que nous avons réalisée en 2005. Nous menons régulièrement des enquêtes approfondies à l’aide de spécialistes sur l’évolution de l’encadrement. Mais les résultats de cette étude ont été surprenants.

En fait, l’APEC se positionne sur le terrain de la mobilité et, pour utiliser un terme familier aux organisations syndicales, sur la sécurisation des parcours professionnels. Tout au long des années 1990, nous constatons que les cadres réorganisent les représentations de leur place dans l’entreprise et du rôle du travail autour des notions de client et de pouvoir financier. Les cadres se tournent vers le client, ils pensent à le satisfaire, à l’instar du marketing et du commercial. Même les ingénieurs balancent vers cette posture extravertie du rapport à la clientèle. En parallèle, les cadres n’aiment pas la montée en puissance de la finance parce qu’elle renvoie à la fois au renforcement du pouvoir de l’actionnaire et à la redistribution du pouvoir au sein de l’entreprise.

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18:56 Ecrit par Michel dans Entretiens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

25.06.2009

Entretien n° 12 : Eric Peres (FO-Cadres)

Eric PERES (FO Cadres).JPGCet entretien avec Éric Peres a été réalisé le 25 septembre 2008. Éric Peres est secrétaire général de FO-Cadres.

— On peut commencer l’entretien par une présentation succincte de votre syndicalisme FO-Cadres.

Éric Peres — Notre champ de syndicalisation couvre l’ensemble des secteurs d’activité, du privé comme du public. Nous sommes bien implantés dans la fonction publique, notamment dans la territoriale et la fonction hospitalière. Mais il est aussi réconfortant de constater que notre capacité d’implantation ne cesse de se renforcer dans le secteur privé, notamment dans les secteurs de l’industrie, des services et de l’informatique.

Notre périmètre de l’adhérent recoupe celui retenu pour les cotisants à l’AGIRC (Convention collective de 1946, articles 4 et 4bis). Ce choix permet aux côtés des déterminants de la fonction d’encadrement que sont la responsabilité, la délégation d’autorité et le commandement, une meilleure délimitation de la population cadre. Ce qui n’exclue bien évidement pas que dans certaines entreprises des adhérents FO-Cadres puissent relever de la maîtrise, au sens des articles 36, même s’il est partagé par tous que l’on ne saurait réduire la notion de cadre à la seule adhésion à une caisse de retraite complémentaire.

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04:14 Ecrit par Michel dans Entretiens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

12.06.2009

Entretien n° 11 : François Fayol (CFDT-Cadres)

 

François Fayol (CFDT-Cadres).jpgCet entretien a été réalisé le 13 octobre 2008 à Paris. François Fayol est secrétaire général de la CFDT Cadres.

— On pourrait commencer par situer la CFDT Cadres au sein de votre organisation syndicale confédérale.

François Fayol — La CFDT Cadres est une organisation particulière au sein de la CFDT. Elle a pris la suite de la Fédération Française des Syndicats d’Ingénieurs et Cadres (FFSIC) créée en 1944 au sein de la CFTC. Avec la mise en place progressive de fédérations d’industrie à la CFDTC puis du congrès d’évolution de la CFTC en CFDT (1964) se met progressivement en place l’Union Confédérale des Ingénieurs et Cadres (UCC-CFDT) dont le congrès constitutif a eu lieu en novembre 1967. La spécificité de notre union est de ne pas avoir des syndicats – hormis un seul syndicat national d’ingénieurs et cadres dirigeants réunissant 250 adhérents qui y trouvent un lieu d’accueil discret. Au niveau des fédérations on ne connaît que deux syndicats cadres qui regroupent respectivement les cadres supérieurs de l’action sanitaire et sociale (notamment les directeurs d’hôpitaux) et ceux de la Sécurité sociale et de l’assurance chômage. Dans certaines fédérations peuvent également exister des regroupements de cadres incluant, selon le cas, des agents de maîtrise (Cheminots par exemple).

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05.03.2009

Entretien n° 10 : Gérard Aschieri, FSU

Gérard Aschieri.jpgCet entretien a été réalisé le 18 juillet 2008 à Paris. Gérard Aschieri est secrétaire général de la Fédération Syndicale Unitaire (FSU).

— Quelles sont les tendances lourdes auxquelles se trouve confronté votre syndicalisme dans la conjoncture actuelle ?

rard Aschieri — La première tendance lourde, c’est la politique de Nicolas Sarkozy dont la démarche tranche réellement avec les démarches des gouvernements de droite antérieurs. Même si les objectifs politiques sont les mêmes, il a une façon frontale d’attaquer, de chercher le conflit, de passer en force. De jouer à la fois le conflit et la négociation. C’est une démarche compliquée et originale. C’est une rupture dans la méthode qui consiste à vouloir aller très vite et très loin dans la remise en cause des acquis que la France a construits dans la période de l’après guerre jusqu’au début des années 1980. Le fait d’attaquer sur tous les fronts rend difficile la riposte syndicale. Il a joué intelligemment sur la division du syndicalisme en mettant le doigt là où cela fait mal. En profitant de la nécessité de faire évoluer les règles de la représentativité, il a contribué à cette division. Je pense que les positionnements de Force Ouvrière ou de l’UNSA aujourd’hui sont assez caractéristiques de cette politique.

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