24.06.2010
Jeunes diplômés, travail, entreprise
Résumé d'une enquête de terrain
La présente enquête sociologique sur l’engagement et la distanciation des jeunes diplômés dans l’entreprise s’inscrit dans le prolongement d’une précédente étude sur l’expérience militante des jeunes syndicalistes de l’UGICT-CGT (Michel Vakaloulis, S’engager aujourd’hui. L’expérience des jeunes syndicalistes de l’UGICT-CGT, Rapport de synthèse, Montreuil, 2007). La cible de l’investigation est l’immense population des jeunes ingénieurs, cadres et techniciens non syndiqués.
Le devenir professionnel des jeunes diplômés, ce segment très « disputé » du salariat qualifié, peut servir comme point d’entrée à un débat plus large sur la place du travail dans la société, le mode de gestion de l’entreprise, l’implication dans le métier, l’engagement responsable dans d’autres sphères d’intérêt et d’activité. Entre apprentissage collectif et quête de réalisation individuelle, cette jeune génération accède à la « société de la connaissance » et aspire à la reconnaissance sociale.
Le point d’entrée de l’étude est la question de l’engagement. Nous entendons par ce terme aussi bien l’implication personnelle dans le travail (et plus généralement, l’attachement à l’entreprise comme communauté de producteurs) que l’investissement dans la défense d’un idéal ou d’une cause.
23:51 Ecrit par Michel dans Articles de l'auteur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.05.2010
Jeunes et individualisme
Les jeunes seraient-ils réfractaires au travail de l’engagement à force d’être fondamentalement investis dans le travail ? Plutôt que d’opposer les deux postures, l’(hypo)thèse fondamentale de notre étude affirme le contraire : la quête de sens dans le travail est un point d’entrée dans la question de l’engagement. Sans afficher une identité d’appartenance particulière, un grand nombre d’enquêtés se déclarent attachés à un système de valeurs professionnelles et de convictions éthiques qu’ils s’efforcent d’incarner dans l’action quotidienne.
Cet attachement n’est pas forcément vécu comme un engagement à proprement parler, ni a fortiori comme un acte contestataire. Il traduit pourtant un souci de qualité et d’utilité dans les rapports de travail qu’il s’agit de concrétiser tout en respectant les contraintes de l’entreprise. Faire passer des «messages » de respect et de dignité en interne, ne serait-ce que subtilement, défendre les standards de la professionnalité, même en l’absence d’un recours à la revendication, affirmer par la force de l’exemple certains principes indispensables pour mener ses missions dans de bonnes conditions sont des formes de micro-mobilisations qui engagent subjectivement sans porter explicitement une étiquette syndicale. Ainsi, de nombreux enquêtés assurent « se battre » à leur manière pour des « choses » qui les dépassent. Même s’ils n’ont pas encore trouvé le sens de l’engagement, ils pensent que s’engager a du sens.
13:21 Ecrit par Michel dans Articles de l'auteur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.02.2008
Jeunes syndicalistes de l'encadrement
par Michel Vakaloulis
Les jeunes salariés diplômés seraient-ils malléables, irrémédiablement adaptables à l’esprit de l’entreprise flexible ? Seraient-ils prêts à accepter durablement, sans coup férir, la dissociation radicale qui se profile pour eux dans la sphère du travail entre avenir vraisemblable et avenir espéré ? Au contraire, seraient-ils enclins à sortir de la résignation, à contester les orientations des politiques économiques dominantes ? Ce questionnement est le fil conducteur de notre étude sur les jeunes syndicalistes de l’UGICT-CGT. Rapports de travail, identités professionnelles fluides, projections et interactions symboliques dans l’espace et le temps, formes d’engagement, de défection ou d’opposition, potentialités de résistances et de reconquêtes collectives sont inextricablement liés.
08:35 Ecrit par Michel dans Articles de l'auteur | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
19.11.2007
L'audace du réel
par Michel Vakaloulis
Quelle feuille de route pour le syndicalisme d’expérimentation qui persiste à redonner confiance et espoir à l’avenir ? Il est évident qu’il n’existe guère, aujourd’hui pas plus qu’hier, un projet syndical élaboré clé en mains. Pour certains dirigeants syndicaux, ce terme est même frappé d’ostracisme, associé globalement à une surpolitisation anachronique dépourvue de pertinence pratique. Parler de projet serait entériner l’assujettissement partisan du syndicalisme, sa transfiguration en filière des grands clivages politiques.
11:55 Ecrit par Michel dans Articles de l'auteur | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
13.11.2007
Capitalisme post-moderne et conflictualité sociale
par Michel Vakaloulis
La définition rigoureuse de la nouvelle période systémique est une entreprise malaisée. On connaît le « nouveau Beaujolais » mais point le « nouveau capitalisme ». Ce point mérite d’être d’emblée souligné. Assurément, le « nouveau capitalisme » est un terme aporétique. à la différence des avatars sociologiques de la « société post-industrielle » qui refoulent la prépondérance historique du capital comme rapport social à des fins d’accumulation, le projecteur conceptuel est ici braqué sur l’évolution des processus d’exploitation. Mais comment articuler les éléments nouveaux et les permanences structurelles ?
19:40 Ecrit par Michel dans Articles de l'auteur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04.10.2007
Une gouvernance de l'incertitude
Par Michel Vakaloulis
L’entreprise n’est pas simplement un appareil de production ou un système technique de performance économique. Si son projet consiste à rassembler des ressources et à fournir des moyens d’action en vue de créer des richesses, son mode d’organisation et de mobilisation des salariés constitue un véritable système de pouvoirs. Celui-ci forme avec le système de travail et le système de performance une unité contradictoire. La reproduction de l’entreprise sous sa forme institutionnelle présuppose la reproduction de cette unité.
22:45 Ecrit par Michel dans Articles de l'auteur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.04.2007
Nouveau salariat et confrontation sociale
Par Michel Vakaloulis
Cette note critique porte sur la récente contribution de Jean Lojkine au débat sur les transformations des rapports de classes dans le capitalisme contemporain (L’adieu à la classe moyenne, Paris, La Dispute, 2005). Cette contribution mérite l’attention pour une triple raison. D’abord, l’auteur propose des éléments de théorisation d’une transition sociologique qui manque assurément de représentation adéquate, comme l’illustre la prolifération des préfixes « post- » ou « néo- » depuis une vingtaine d’années. Cette transition semble aboutir selon lui à l’archipel salarial du « capitalisme informationnel » qui émerge sur les décombres des anciennes polarisations salariales.
22:35 Ecrit par Michel dans Articles de l'auteur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30.03.2007
Rapports au travail et pratiques militantes
Par Michel Vakaloulis
Il ne s’agit pas dans le cadre de cette brève intervention de résumer les principaux résultats intermédiaires d’une enquête sociologique en cours sur les ressorts de l’engagement des jeunes militant-e-s de l’UGICT. Je me contenterai d’insister sur quatre points liminaires qui sont au cœur de la réflexivité sur les nouvelles pratiques militantes et les significations subjectives qu’elles comportent : le rapport au travail, l’image de l’entreprise, la conception de l’engagement, la projection générationnelle dans l’avenir.
19:40 Ecrit par Michel dans Articles de l'auteur | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
02.02.2007
Militer aujourd’hui
par Michel Vakaloulis
La rénovation de la démarche syndicale est indispensable pour impulser l’action collective du salariat. Plus qu’une adaptation, le passage à l’ère de la mondialisation réclame un « remodelage complet » de la forme syndicale. La bataille est entamée, mais l’horizon d’attente du syndicalisme apparaît toujours encombré. L’orientation stratégique est pourtant clairement identifiée. Elle comporte trois dimensions.
17:20 Ecrit par ugict dans Articles de l'auteur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Michel Vakaloulis, paris 8, syndicalisme, jeunes



