02.02.2007

Militer aujourd’hui

par Michel Vakaloulis

La rénovation de la démarche syndicale est indispensable pour impulser l’action collective du salariat. Plus qu’une adaptation, le passage à l’ère de la mondialisation réclame un « remodelage complet » de la forme syndicale. La bataille est entamée, mais l’horizon d’attente du syndicalisme apparaît toujours encombré. L’orientation stratégique est pourtant clairement identifiée. Elle comporte trois dimensions.


D’abord, décrisper la vie de l’organisation en restituant aux syndiqué-e-s la maîtrise des processus de délibération et de décision. Ensuite, libérer l’énergie critique qui reste enfermée dans les murs de la « forteresse » syndicale. Le militantisme est un dispositif cognitif collectif. Un lieu d’apprentissage, de formation et d’information. Il s’agit de soulever le couvercle de ce qui est mal pensé ou occulté et de faire entendre cette voix « mordante ». Enfin, rétablir des liens de confiance avec les salarié-e-s. Cette dimension du renouveau présuppose de dépoussiérer l’image et d’élargir le champ d’intervention du syndicalisme en tenant compte des transformations des rapports sociaux de travail.

La modernité du mouvement syndical est de faire en sorte que le salariat, dans tous ses états, puisse bénéficier du droit à la défense collective et à la prise de parole dans l’entreprise. D’où la nécessité de répondre concrètement aux attentes d’efficacité que les salarié-e-s projettent sur la représentation syndicale. De débattre contradictoirement avec eux/elles sans craindre de malmener ou de « trahir » les « fondamentaux ». D’investir de nouvelles connaissances dans l’action. De faire émerger de nouveaux savoir-faire de mobilisation et d’intervention sur la gestion économique de l’entreprise.

Les matériaux d’enquête qui seront publiés sur ce blog sont issus d’une étude sur les ressorts de l’engagement chez les jeunes syndicalistes de l’UGICT-CGT. Pour faire ressortir plus nettement les problématiques et les enjeux de l’engagement aujourd’hui, nous avons choisi de rencontrer non seulement des jeunes syndiqués ingénieurs, cadres et techniciens, en privilégiant le secteur privé qui souffre d’une désyndicalisation endémique, mais aussi certains jeunes diplômé-e-s qui militent en dehors de l’entreprise. Et pour cause : si l’activisme de ces enquêté-e-s concerne les questions de la formation, des stages ou du logement, il n’en est pas moins indexé, directement ou par voie détournée, sur l’évolution de la condition salariale. Nous avons considéré que les résultats intermédiaires de cette confrontation singulière méritent d’être communiqués, controversés, enrichis. D’où cet appel au débat critique que nous souhaitons le plus large possible.

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